M2 Métiers du livre Master 2 Métiers du livre à l'université de Bourgogne. Cours de Rédaction web.

Published on décembre 18th, 2015 | by Cécile

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Un vendeur d’émotion soucieux de partager

Libraire à l’Espace Culturel Leclerc de Montceau-Les-Mines depuis sa création, Stéphane Souiler, 32 ans, se définit comme un passionné accroc à son travail.

Un « drogué du métier »

Stéphane débute dans le métier de libraire en 2005 après des études de lettres japonaises et un IUT Commerce. C’est sa connaissance du manga qui l’amène à cette profession et quand l’Espace Culturel de Montceau-Les-Mines s’apprête à ouvrir ses portes en 2007, il intègre l’entreprise pour s’occuper de la mise en place des commandes. Il devient rapidement le responsable des achats bandes-dessinées, responsabilité qu’il occupe encore aujourd’hui.

Il se présente lui-même comme un drogué du métier, allant jusqu’à refuser de prendre ses congés maladie pour continuer à être présent dans la librairie. Il explique cela car son métier est, pour lui, « le seul où vous vous couchez plus cultivé que la veille ». Il se voit comme un « vendeur d’émotions ».

Bien que faisant partie de l’enseigne Leclerc, les Espaces Culturels sont un réseau d’indépendants, ce qui permet à Stéphane et ses collègues d’être libres des titres proposés et de leur quantité.

Une absence regrettée de concurrents

Cet Espace Culturel profite d’un environnement économique favorable. En effet, il n’y a pas de concurrents dans un rayon de 25 km, les dernières librairies présentes dans la ville ayant fermé quelques temps avant l’ouverture de cette grande surface culturelle. Stéphane Souiler dit regretter cet état de fait.

Les concurrents les plus proches se trouvent au Creusot mais pour se distinguer d’eux, il pense qu’il faut se donner les moyens. Ainsi, une équipe bien faite fera la moitié du travail. À Montceau, Stéphane fait partie d’une équipe de libraires tous passionnés et aux goûts complémentaires, ce qui leur permet d‘être à l’écoute du client, de le conseiller, de communiquer sur leurs coups de cœur. Il est pour cela indispensable d’être curieux et de toujours questionner les produits pour les connaître et mieux les mettre en avant. Aussi, il lui semble indispensable de s’intéresser aux clients pour nouer une relation d’échange avec eux et peut-être les amener à ouvrir leurs horizons en lisant des livres vers lesquels ils ne seraient pas allés d’eux-même. C’est une question de confiance entre le libraire et le lecteur. Hors de question de prendre les clients dont les goûts ne seraient pas les siens de haut comme certains indépendants peuvent le faire parfois. C’est avec le dialogue qu’il veut proposer de nouvelles émotions à ses clients, quel que soit le support.

La discussion et l’échange pour contrer internet

Bien qu’internet puisse être un bel outil, Stéphane regrette qu’il soit trop souvent un lieu de désinformation. Depuis son essor, les clients sont clairement informés différemment et il doit faire face à de nouveaux comportements : on lui demande des livres qui n’existent pas ou qui sont parus à l’étranger, les gens comparent les prix, utilisent certains sites comme Booknode. Il est donc indispensable d’avoir une connaissance de ces sites utilisés par les clients.

Afin de conserver une valeur ajoutée par rapport au net, il faut accompagner l’acte d’achat en expliquant, en conseillant. C’est grâce à la relation de confiance nouée entre les clients et les libraires que la librairie peut se distinguer des services du net. Il faut notamment expliquer comment marche le métier, pourquoi les délais de livraison ne sont pas ceux d’Amazon…

Aussi, l’Espace Culturel dispose d’un site permettant aux clients de faire directement leur commande qu’ils viennent ensuite retirer au magasin. C’est un succès, notamment pendant les périodes de vacances où les personnes font le plein de lectures avant de partir.

Valentin Moreau, Master 2 Métiers du livre, Université de Bourgogne


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